jueves, 24 de abril de 2014

Lyon Urban Trail (version française)

Vu qu’il y a quelqu’un en France qui a réussi à finir ma version française de la chronique sur Le Treg avec toutes ses fautes d’orthographe et que j’ai arrêté mon cours de français et il faut que je pratique, je vais essayer de faire une version traduite, au moins des « posts » sur les courses les plus importantes. Et du coup, voilà le récit sur le Lyon Urban Trail, que j’ai fait dimanche dernier (13 avril).
Le trail urbain est une nouvelle modalité de trail qui est en train de gagner adeptes. C’est logique, car il y a pas mal de « trailers » qui habitent à la ville et qui ont là son terrain d’entrainement. Les marques sont conscientes de cette nouvelle façon de toucher la poche et on peut déjà voir nouvelles types de chaussures et « gadgets » spécifiques de ce type de courses. Le Lyon Urban Trail (connu comme LUT en France, où on trouve acronymes par tout) est probablement la course la plus mythique de cette modalité et profite les caractéristiques exceptionnelles de cette ville. Petites rues en raide montée, une infinité d’escaliers, parcs pentus,… Le résultat est trois courses de 36, 23 et 13kms, avec 1600, 1100 et 600 mètres de montée accumulée.
Moi je suis allé pour le 36, pour continuer avec la préparation vers la longue distance et les objectifs de l’été. J’ai préparé la course assez bien, suivi tout le parcours, fait des fractionnés en plan et en côte… On va essayer de faire une actuation un peu mieux qu’au Trail du Ventoux.
Quand je sors du métro je vois Sébastien Spehler (le mec qui a gagné le Trail du Ventoux avec 6 minutes d’écart) qui fait son réchauffement à côté de l’Hôtel de Ville. Bon, c’est clair que cette course ne va pas être n’importe quoi. Tant mieux… comme ça c’est clair que le rythme de la tête de course est pas le mien et je me concentre à faire mon truc. Je fais aussi 10-15 minutes de footing. Aujourd’hui c’est important de se réchauffer bien car la première montée est à pas beaucoup plus de 100 mètres du départ. Après répondre à une appelle de la nature (voilà la première traduction directe de l’espagnol…) je vais vers le départ, où je trouve François, qui domine la situation une tête plus haut que les autres. Moi je vais vers la première ligne pour ne pas trouver trop de bouchon aux premiers kilomètres. J’ai un peu peur de la première descente. J’arrive jusqu’à juste derrière des coureurs « tops ». Là il y a Spehler, Jonathan Wyatt, Thibault Baronian, et quelques autres qui ont l’air de ne pas être boiteux. J’étudie aussi toute la gamme de chaussures (je suis un vrai geek pour ça) et je remarque unes nouvelles Sense de Salomon qui semblent être plus amorties. Voilà le nouveau « heat » de la marque pour le trail urbain… Une mention spéciale doit se faire pour un compatriote espagnol, Abderraman Ait (même si son origine est bien sur marocain), champion paralympique de marathon à Beijing 2008, qui est aussi dans le groupe des meilleurs. Le manque d’un bras est un vrai handicap pour une course comme le LUT, avec autant d’escaliers et endroits où ce n’est pas facile de maintenir l’équilibre.
Finalement, le « speaker » prononce le compte à rebours (mmmm, y avait un autre mot pour ça… mais je suis dans un bus et peux pas chercher... désolé ;-) ) et on part ! On commence avec un virage à droit et un autre à gauche, et en évitant quelques poubelles et une arrête de bus (probablement aussi quelques déchets de chien par terre, un classique de Lyon). Tout se passe bien et le groupe se disperse un peu, du coup on arrive au début de la première montée avec assez de place pour courir sans problèmes. On monte le tunnel de l’ancien funiculaire de la Croix Russe, un groupe de 10 -12 coureurs en tête et des autres 15 qu’on suive comme on peut à quelques mètres. 20 mètres de repos vers la droite et première descente par une petite rue d’escaliers. Je descends bien avec la technique que j’ai appris pendant mes entrainements de me laisser tomber de deux en deux sans presque ne pas appuyer sur les marches et avec la main qui glisse sur la rampe. Je vois Abderraman qui a du mal à descendre. Il va assez plus doucement et j’arrive à son côté, mais 50mètres plus tard on arrive à la montée suivante et là la qualité des jambes s’impose et en 100mètres de parcours il est déjà 20 devant moi. J’arrive à la fin de cette deuxième montée avec les jambes assez brûlées (on dit ça ? Bon, j’étais crevé, c’est ça l’idée…), la souffle totalement accélérée et le cœur comme le batteur de Nirvana. Bon, il faut réfléchir parce que comme ça on ne va rien faire. Il faut que je trouve un rythme de cruiser qui me convient pour ces premières kilomètres, sans regarder ni suivre personne. Effectivement, je laisse passer deux coureurs qui vont assez plus vite que moi et retrouve ma respiration et mes pulsations sur un morceau plain et la postérieure descente vers la Saône, par un joli jardin et un petit chemin qui fait des rapides lacets.
Je traverse la rivière par une passerelle et trouve mes parents, qui sont venus depuis Lleida pour le weekend, juste avant de commencer la première montée vers Fourvière. Au début les marches son assez basses et faciles de courir mais bien tôt on tourne à gauche et commence une montée interminable vers la tour que les lyonnais appellent la Tour Eiffel (c’est pas exactement la même chose…). Même si pendant les entrainements je montée en courant presque jusqu’au sommet, je vois quelques mecs devant moi qui commencent à marcher et je fais la même chose, encore fatigué pour ce début de course un trop rapide pour moi. J’arrive à la Place de Fourvière, avec une belle vue de Lyon et même le Mont Blanc les jours de beau temps (même si quelqu’un ne le croit pas, oui, d’ici on peut voir le Mont Blanc ;-p). Il y a un coureur devant moi qui a l’air d’avoir eu un rythme encore plus excessif que moi, et le double aux virages de descente vers le Vieux Lyon. Une fois je laisse arrière ce coureur, j’avance seul par la Place Saint Jean, la Montée de Gourguillon et la descente postérieure vers l’Église de Saint George et la Saône.
Là le paysage s’ouvre et j’aperçois un peu la situation de course. 150 ou 200mètres devant moi il y a un coureur habillé en rouge et avec un sac relativement grand et 100mètres devant lui Abderraman et un autre garçon noir qui m’a doublé au début avec une belle allure. Je profite le seul kilomètre plain de la course pour stabiliser mon rythme environ le 4min/km, maintenant que je commence à me sentir bien. Le coureur devant moi s’approche doucement et au début de la montée vers St Foy (km8) je suis presque là. Je suis content d’avoir venu à connaitre le parcours avant, parce que maintenant je peux gérer bien mon effort, entre les morceaux de montée et plains qui s’alternent tout le temps. On arrive à deux montées successives avec de marches un peu pourries où o a du mal à courir (du coup, on marche, pas de problème) et je réussi à lui doubler finalement. Une descente sympa et une montée assez raide par une petite rue et un parc, m’amènent au premier ravitaillement. Je n’ai pas besoin de rien, mais ça me rappelle qu’il faut boire et je prends ma bouteille de la ceinture. Je suive, souvent seul, pour ces kilomètres au quartier de Saint Foy, avec de montées et descentes moins raides que au début de la course. Pendant que je traverse un parc autour d’une enceinte militaire un gars habillé en blanc me double avec une allure assez mieux que la mienne. Je lui regarde et il n’a pas l’air d’avoir un dossard (finalement il l’avait à la jambe opposée), du coup je ne sais pas s’il est dans la course. Un peu plus tard un autre coureur, grand et fin, arrive et me double avec une vitesse exceptionnelle pendant une descente. Je crois qu’en 100 mètres il est déjà 30 mètres devant moi. Je suis frustré… À la montée suivante je note que je vais au moins a la même vitesse que mes prédécesseurs mais quand il y a un morceau plain ou en descente, la distance augmente clairement. Avec une bonne respiration et rythme mais un peu déçu pour la perte de ces deux positions, j’arrive au cirque romain de Fourvière. J’imagine que le romain qui a construit ces escaliers aurait été étonné de voir ces mecs en courant comme fous par ses marches. En tout cas, c’est évident qu’il ne les a pas dessinées pour les descendre en courant. J’essaye de pas tomber et rouler jusqu’en bas (il y quelque gens ici et ça serait un spectacle un peu lamentable). Je traverse le cirque et les différents trucs romains qu’il faudra que je reviens une autre jour pour le connaitre mieux, et j’arrive, avec un peu de confusion sur le chemin à suivre, au deuxième passage par la Basilique de Fourvière. En courant tout seul la plus part du temps, parfois j’ai du mal à me rappeler que je suis dans une course et maintenir un rythme compétitif. Quand même j’arrive à la descente de La Sarra, l’équateur de la course (km18), en 1h22 et quelque. Très content, j’avais un peu la référence de 3h pour toute la course et je vois maintenant que, sauf hécatombe, je vais bien descendre de ça. Même je me fais quelques illusions peu réalistes sur les 2h45. Par contre, je sais rien sur la position… j’imagine qu’environ le 20ème
A la fin de la descente je retrouve mes parents (plus de photos pour la chronique) et tourne à gauche pour reprendre une autre dure montée d’escaliers bien raides qui va me retourner presque au début de la descente de La Sarra. Là je peux encore voir le mec grand et fin devant moi, mais au sommet je l’ai perdu de nouveau et je suive en la même dynamique solitaire pour cette région du parcours qui m’amène en descente vers la Saône. Il ne reste que le dernier tiers de la course, une partie que je connais bien car c’est mon terrain d’entrainement habituel. J'ai encore un bon niveau d’énergies qui me fait penser que je peux affronter ce final de course avec garanties, mais la manque d’objectifs concrets (en forme de coureurs à qui doubler et positions à gagner) me démotive un peu. Je suive dans cette lutte psychologique pour maintenir ma motivation pendant que je traverse la Saône (km23).
Seulement 20mètres plains à gauche et je commence un nouvelle montée, avec des marches très petites que je monte deux à deux, et un dernier morceau de terre hyper raide où je ne peux faire que marcher. Petite plain à gauche où je récupère mon souffle et plus de montée pour un joli parc où quelques personnes font son petit footing matinal, sans faire trop de cas à la course. Soudainement je vois un coureur devant moi. Un mec de l’équipe Tecnica qui était avec les « top » au début. Il a l’air d’être vraiment crevé. Je le double sans trop d’opposition à la descente suivante et son visage est effectivement assez explicite. Même si je vais encore bien à la descente suivante (km25) je prends mon deuxième gel (le premier je l’ai pris au km12-13). Il faut manger avant que ce soit trop tard. La fin de la descente connecte directement avec le début de la montée suivante, où je trouve une nouvelle surprise positive. 80mètres devant moi il y a un autre coureur. Il va un peu mieux que l’autre mais je vois qu’il alterne la course avec la marche, sur une rue qui, même si c’est un peu raide, c’est assez courible. Encouragé par la possibilité de gagner une autre position, j’adopte un rythme constant et solide jusqu’au sommet et un peu plus loin je le double finalement.
Pendant la descente suivante, très raide et dangereuse quand elle est humide mais faisable avec le soleil d’aujourd’hui, je commence le compte à rebours des montées et kilomètres qui restent. Je vais arriver au 28ème kilomètre et cinq montées (et dures) encore pour faire. La prochaine est la Montée de la Rochette : 400mètres au 24% de pente. Je tourne à droite pour la commencer et fixe les yeux au sol un mètre devant moi, par-dessous de ma casquette. Tap, tap, tap,… je monte avec des petits pas en cherchant de maintenir une fréquence qui me permette de me séparer de mon persécuteur. Je ne regarde arrière mais je ne l’entends pas. J’arrive au ravitaillement juste au sommet. Je doute si m’arrêter ou pas mais j’ai encore de l’eau à la bouteille et je sais que m’envie d’arrêter est seulement paresse. Je me force à continuer mais je diminue un peu le rythme pour faire une petite gorgée. Une fois que j’ai récupéré la souffle je descends par un joli sentier entre une curieuse forêt urbaine jusqu’à une rue qui me laisse au pied de la côte suivante, la montée de l’Eglise. Plus longue mais moins raide, y connaitre bien tous les petits virages m’aide à que ça se passe plus vite jusqu’au sommet, déjà au-delà du 30ème kilomètre. Ils n’en restent que trois…
Toujours seul, j’affronte un tronçon d’un kilomètre et quelque par le quartier de Caluire (ou Cuire, je sais jamais où commence l’un et finit l’autre…). Mes jambes commencent à noter tous les kilomètres et mon allure n’est pas aussi dynamique qu’avant. Ne voir personne devant ni derrière ne m’aide non plus à augmenter la vitesse. Une descente vite et pas optimal pour mes genoux me conduit au km32, à côté du Rhône. Là je tourne à droite et je peux voir les 500mètres suivants. Une jolie surprise m’attende, avec la forme de deux coureurs qui vont devenir deux objectifs pour ce final de course. On va voir si je suis capable… Ce coup positif pour mon moral m’aide à incrémenter la foulée et m’approcher à mes deux prédécesseurs. Au début de la Montée de Lilas (l’avant-avant dernière…) j’ai presque rattrapé le premier. C’est le gars avec le dossard à la jambe qui m’a doublé au 12ème kilomètre, à Saint Foy. Il a l’air vraiment fatigué et il me laisse passer. Moi je continue par cette montée que je connais par cœur (je viens toujours ici à faire de fractionné en côte), en essayant de m’approcher à l’autre coureur. J’arrive au sommet assez fatigué, et je vois comme il descend déjà vite quelques 50mètres devant. Ça va être plus difficile…
La distance entre nous deux ne se raccourci pas, plutôt au contraire, pendant qu’on va vers l’avant dernière montée. En plus, une petite variante ajoute une vingtaine de marches que j’attendais pas. Du coup, l’évolution n’est pas plus positive pour moi et je doute si je vais être capable de le rattraper. La Montée de Joséphine Soulary, aussi mon terrain d’entrainement, ne m’aide pas cette fois. Je montée en marchant avec les mains aux genoux et le regard par terre, de telle façon que je ne vois que le prochain mètre. J’évite comme ça de voir combien il reste, mais aussi de voir une poussette de bébé qui descend (bien entendu, avec le père correspondent derrière…) en face de moi. J’ai du mal à éviter de finir avec le bébé… Finalement j’arrive au sommet une vingtaine de mètres derrière mon prédécesseur, qui regarde arrière et vois mon visage, pas dans son meilleur moment. Ça l’encourage et quand j’arrive en haut il est déjà au fond de la rue, qui nous amène vers les pentes de la Croix Rousse.
Je suis proche à renoncer à ma proie. Il va plus rapide que moi au plain et je vais pas plus vite que lui à la montée. J’essaye de garder quelques forces pour la dernière montée, qu’on est venu la connaitre avec François et elle est vraiment dure. L’approximation est par une descente raide et technique avec pas mal de virages et petites marches. Je ne vois pas l’autre coureur mais j’entends ses pas de plus en plus proches. Quand on arrive en bas je suis de nouveau à quelques 20 mètres de lui. Il tourne à droite et il arrive au pied de la montée avec un geste de surprise. « Comment ? Tu la connais pas ? Tu vas pas aimer ça… ». Je suis un peu mauvais mais sa surprise suppose quelque injection de moral pour moi. Cette dernière montée est vraiment raide, avec de marches petites et hautes qui font même difficile de les monter en marchant. Je monte deux à deux avec les mains aux genoux, pas trop vite mais un peu plus que mon démoralisé rival (rival, dit toujours avec le bon espritJ). Je le rattrape et il me laisse passer avec un sourire de résignation. Je lui remercie sans trop d’énergie et on continue à monter comme Frodo et Sam en chemin de Mordor. On finit le pire morceau mais ils restent encore une trentaine de marches. Je m’ai pas éloigné de lui, du coup je serre les dents pour me distancier en ce début de descente, pendent qu’on entre au dernière kilomètre.
Il ne reste que descendre par de tortueuses rues du quartier de la Croix Rousse. Je me concentre pour trouver quelque dose d’habileté et ne pas finir par terre dans ces tronçons de marches techniques. Je vois comme la distance, maintenant oui, elle commence à augmenter. La course devienne un jeu de tracer bien tous les virages et pas perdre vitesse dans les nombreuses changements de direction. Finalement j’arrive à la Opéra et la légère descente qui donne accès à l’Hôtel de Ville. Quelqu’un crie mon prénom et je vois Martin et Valentin (collègues du boulot) qui m’encouragent. Cette dose de moral m’aide à augmenter mon rythme pendant que je traverse l’Hôtel de Ville et en regardant arrière je vois que je vais maintenir la position. Je sors à la Place de Terreaux par les marches qui donnent accès à l’arrivée, vraiment jolie.
Quelques secondes après arrive mon persécuteur, on se félicite par la course et il me confirme qu’il n’attendait pas cette dernière montée. Je suis content d’avoir fait le parcours avant la course parce que ça m’a permis de gérer bien mon effort et, par exemple, gagner cette position à la fin. Mon temps final : 2h48’38’’, bien au-dessous de mon objectif moyenne de trois heures, fait qui me laisse bien content. Je retrouve mes parents et ils me confirment que j’ai fini 13ème finalement, un bon résultat, si on prend en compte qu’il y a avait un bon niveau dans la course. Les minutes postérieures je les passe en récupérant les liquides perdus pendant la course. Je n’ai pas compté, mais bien sûr, deux verre d’eau, quatre de coca et deux bouteilles d’un truc de fruites qu’ils donnaient par là. Aps, et 12 ou 14 morceaux d’orange.
Le bilan de la course, assez positif. On voudrait toujours faire mieux mais je crois que j’ai bien géré mon effort et les mecs qui sont arrivés avant que moi, simplement ils sont mieux. Peut être le point à améliorer, le fait d’être plus fort mentalement et être capable de maintenir un rythme plus élevé, même quand je n’ai personne autour de moi. Quelque analyse technique qui me demande toujours un copain espagnol (qui va pas lire ça et du coup je sais pas pourquoi je l’ajoute…), j’ai fait la course avec des chaussures de route (Saucony Cortana 3) assez légères et avec un drop de 4mm, bien amorties au niveau de métatarse. Le matériel obligatoire était simplement un demi-litre d’eau. Pour ça, j’avais une ceinture de Salomon, celle avec le bidon triangulaire qui s’attache assez bien au dos. J’ai amené aussi trois gels (Overstim… je sais pas pourquoi je mets toutes ces marques, si personne ne me paie rien :-p), des quels je n’ai pris deux, un au 13ème et l’autre au 25ème kilomètre. J’ai presque fini mon demi-litre d’eau pendant la course. Je ne suis pas arrivé déshydraté mais boire un peu plus ça m’aurait pas fait du mal.
Par rapport aux autres, la course l’a gagné Sébastien Spehler avec un temps de 2h25’ (ça c’est courir…). Voici les résultats complets :
Voilà quelques dernières photos, courtoisie de François, le roi de l'"imprimmer écran"
Pas grand-chose à ajouter. J’espère de pas avoir commis trop de fautes d’orthographe et d’avoir réussi à exprimer comment ça s’est passé la course. Prochain « step », les Aventuriers du Bout du Drôme, 105kilomètres pour commencer à entrer en la longue distance et préparer bien les objectifs de l’été ! On sera ici pour le raconter…
À la prochaine !

domingo, 20 de abril de 2014

Lyon Urban Trail

El trail urbano es una nueva modalidad que parece que está cogiendo fuerza. Teniendo en cuenta que cada vez hay más gente que le da a esto de correr por el monte, y que mucha de esa gente vive y entrena por ciudad, parece lógico que sea así. Si además le juntas un nuevo filón de dónde las marcas puedan tirar a base de inventar nuevos tipos de zapatillas y demás gadgets, pues ya está montado el chiringuito.
El Lyon Urban Trail lleva celebrándose desde 2008 y es seguramente la carrera más clásica dentro de esta modalidad. Lyon es una ciudad con un potencial bestial para montar una buena carrera. En la confluencia entre dos ríos, la zona oeste y la intermedia están cubiertas por dos colinas alargadas cuyos barrios están repletos de escaleras y calles con pendientes en las que tienes que aparcar con arnés. Pequeños parques con bosquecillos con vistas al río ponen el resto para permitir diseñar un recorrido (o varios) en el que poner a prueba al personal. El resultado: tres carreras, de 36, 23 y 13 kilómetros, con 1600, 1100 y 600 metros de desnivel positivo respectivamente.

Me llamó la atención desde el primer momento y sabía que estaba condenado a apuntarme, así que no me resistí demasiado. En vistas a la preparación de la larga distancia opté por los 36kms y las últimas semanas, casi diría desde que volví de Le Treg, han estado bastante enfocadas a esta carrera. Series en subidas, series en umbral aeróbico por el parque, y rodajes por el recorrido (footing vallonné, que le llaman aquí) para intentar hacer la carrera en condiciones y pelear un poco más que en la última, el Trail du Ventoux. Este domingo, 13 de abril, fue el día. La salida, 7h30 de la mañana, no apta para perezosos (las carreras de 23 y 13 salían a las 8h30 y 9h30 respectivamente). Ahí nos situamos…
Nada más salir del metro veo a Sébastien Spehler, el tipo que ganó con la gorra el Trail du Ventoux, calentando por la calle del ayuntamiento. Por si había alguna duda, esto no es el Torneo de las Galletas, aquí va a haber buenos galgos. Casi mejor, así me queda claro que el ritmo de cabeza no es mi ritmo y me centro en hacer mi carrera. Caliento a conciencia 10-15 minutos porque hay poco más de 100 metros de la salida a la primera cuesta y no conviene que me coja en frío. En la salida me encuentro con François, que observa la escena una cabeza por encima del resto. Lleva un par de semanas sin correr por lesión pero se lanza a la aventura con la incertidumbre de una preparación dudosa. Nos deseamos suerte y me escurro hacia las posiciones delanteras para coger buen sitio. Llego a segunda fila tras el cajón de los “top”. El mencionado Sébastien Spehler, un chaval de Salomon Thibaut “no sé qué” que si entendí bien es de la zona; Jonathan Wyatt, neozelandés también de Salomon, una chica rusa que lleva tatuado el logo (espero que le den el doble de pares de zapatillas),… Hablando de zapatillas, el cajón de la élite es como la pasarela de moda para la próxima temporada, donde puedes apreciar los modelos con los que te van a hurgar el bolsillo el año que viene.
Últimamente he desarrollado un radar especial para captar zapatillas. Voy al parque a correr y no hago más que repasar el calzado del personal. Así que enseguida llamaron mi atención unas Sense (las blancas y rojasde Salomon, esas que llenan el armario de Kilian en la peli...) pero con una suela especialmente gruesa. Ya tenéis el Fórmula 1 de Salomon para el Urban Trail. Y para acabar el repaso de esos momentos previos a la salida (que llevo casi una página y todavía no ha empezado la carrera…) en el extremo derecho veo un chaval con aire de marroquí, con una camiseta de España y con un solo brazo. En seguida salgo de dudas cuando lo presenta el “speaker”. Se trata de Abderraman Ait Kamouch, campeón paralímpico de maratón en Pekin y subcampeón en Londres. Se lleva el mayor aplauso por parte del público más madrugador. Ahí os dejo un enlace para que lo conozcáis: https://www.youtube.com/watch?v=DMJT81ElCrk
Y por fin llegamos a la cuenta atrás y salimos, con una curva a derecha para empezar donde busco sitio entre empujones. Un par de curvas saliendo de la Place de Terraux (la Plaza Mayor de Lyon, para entendernos…) esquivando alguna que otra papelera y enfilamos una recta que ya pica para arriba en dirección al Tunel de la Croix Rousse. Al meterte en el túnel la cosa se pone seria. Antigua vía del primer funicular urbano del mundo, ahora es una rampa de un 20% que te deja rápidamente en la zona central del barrio de la Croix Rousse. Rápidamente si vas en coche… El pelotón se estira y en cabeza se forma un grupillo de unos 10 corredores de que colgamos unos 10 o 15 que vamos siguiendo un poco con la mirada. Tras el primer calentón, 20 metros de plano hacia la derecha y bajamos por la calle paralela, con las primeras escaleras que descender. Me preocupaban las posibles aglomeraciones del inicio pero con la primera subida el grupo se ha estirado y hay sitio de sobras, así que me pego al lateral y bajo de dos en dos, con la mano que desliza por encima de la barandilla para dar un poco de estabilidad, básicamente moral.
Al final de la bajada atrapo a Abderraman, que el hombre en el descenso tiene pinta de pasarlo mal. La verdad es que la falta de un brazo tiene que poner las cosas muy complicadas en este terreno donde el equilibrio es tan importante. No obstante, en cuanto llega la siguiente subida se giran las tornas y ahí la calidad de piernas hace su trabajo y me saca unos buenos veinte metros. Me pasa algún otro corredor mientras yo intento coger el ritmo por unos escalones demasiado bajos para conformarte con subirlos de uno en uno, y demasiado anchos (convenio para el resto del post: alto-bajo se refiere a vertical; ancho-estrecho se refiere a horizontal en la dirección de avance) como para subirlos de dos en dos sin quemarte. Al final hago un mix que igualmente me deja asfixiado y llego a lo alto de esta segunda subida con las piernas y el corazón bien cocidos. Mientras me pasa otro tío hago una reflexión y me doy cuenta que de esta forma voy directo a la debacle. Tengo que coger un ritmo más moderado por lo menos durante los primeros 4 o 5 kilómetros si no quiero que mi carrera acabe bien pronto (de hecho mirando las pulsaciones al final de la carrera, la media más alta durante un kilómetro es precisamente en el segundo).
Un trozo llano y una bajada hacia el río por un parquecillo algo perdedor me ayudan a adoptar este planteamiento de carrera. Giro a la izquierda por el borde del río, donde me encuentro algunos espectadores madrugadores animando y atravieso la Saône por una pasarela. Al otro lado me encuentro por primera vez a mis padres (no lo había dicho pero han venido de visita el fin de semana) justo antes de enfilar hacia la Gare de Saint Paul y la tercera subida de la carrera, que va a ser la más larga. Un primer tramo de escaleras anchas y corribles que da acceso a una subida eterna y bastante más empinada. Entrenando había subido por aquí corriendo casi hasta arriba pero con el calentón, con lo que queda por delante, y sobre todo al ver que los de delante se ponen a caminar, yo hago lo mismo. Manos a las rodillas, de dos en dos y arriba. Aun así llego a la cima bien calentito, y me cuesta unos 100 metros recuperar el aliento, mientras paso al lado de la Basílica de Fourviere, que domina Lyon.
Admiro brevemente la vista espectacular a esta hora de la mañana y me lanzo por las revueltas que llevan al barrio viejo. La dinámica se vuelve positiva y paso a un corredor que tiene pinta de haberse pasado de vueltas en el primer tramo. Las revueltas dan paso a una escalinata empinadísima que agradezco no hacer en sentido inverso, paso por la plaza de la catedral y afronto una nueva subida bastante más breve, donde me encuentro a tres tipos que lo han dado todo durante la noche y están tomándose la penúltima. Nueva bajada hacia la iglesia de Sant George y por otra pasarela cruzo de nuevo la Saône. Llevo unos minutos corriendo solo, pero aquí se abre el panorama y veo un poco la situación. A unos 100 metros tengo a un tipo de rojo con una mochila relativamente grande y 50 metros por delante suyo está un chico negro jovencillo que me ha pasado hace un rato y Abderraman.
Aprovecho el único kilómetro llano de la carrera para coger un buen ritmo de crucero y acabar de estabilizar mis pulsaciones, mientras voy recuperando terreno poco a poco respecto al corredor que me precede. Viene ahora un tramo que alterna repechos con trozos llanos en dirección al barrio de Saint Foy, al sur de la ciudad. Finalmente doy alcance al tipo de rojo en unas escaleras bastante rotas que también obligan, al menos a mí, a subir andando de dos en dos. Empiezo a notar en este punto las ventajas de haber preparado bien la carrera y haber reconocido todo el recorrido y la mayor parte, por lo menos dos veces. Anticipas todos los repechos y sabes perfectamente donde puedes apretar un poco más o, por el contrario, guardar fuerzas.
En la siguiente bajada mi perseguidor se pega a mí pero en el repecho posterior se confirma la mejor dinámica que yo llevo y me voy separando, mientras llego al primer avituallamiento poco después del kilómetro 10. No me paro ni cojo nada pero me recuerda que tengo que beber, así que echo mano del botellín que llevo en el cinturón. Un repecho por una calle me lleva a un camino que rodea una colina ocupada por un cuartel. De repente llega un tío por detrás con un ritmo mejor que el mío. Le miro de reojo y no le veo dorsal, así que igual está fuera de carrera y se ha metido en plan entreno (después resultará que lo llevaba en la pierna opuesta). Le sigo a unos metros pero sin cebarme, que todavía no llevamos ni un tercio de carrera. Todo este terreno es bastante más llano, con pequeños repechos cortos y zonas de hierba en algún parque, pero que permiten mantener una buena velocidad. En uno de los tramos llanos me giro y veo un tipo de verde, alto y espigado que llega por detrás. Pues vaya, a ver si me va a empezar a pasar todo el mundo ahora… yo pensaba que llevaba buen ritmo… Atravesamos un recinto con pinta de hospital decadente, en el que el tío me pasa quitándome las pegatinas. Emito un gruñido de desaprobación, en el fondo creo que más hacia mi ritmo que hacia su maniobra. Le sigo de cerca pero después de cruzar una calle enfilamos una bajada hormigonada en la que el tío me saca 20 metros en 100. Brutal cómo baja el amigo con esas piernecillas. Voy tirando con resignación, al menos veo que los repechos los hago algo más rápido que él, pero no consigo compensar lo que me saca bajando.
Sigue la dinámica de repechos y bajadas, prácticamente sin escaleras en este tramo, mientras nos vamos acercando a la zona del teatro romano, pasando antes por una curiosa puertecilla. Como los romanos no construían las cosas pensando en los corredores de montaña, las escaleras son bastante difíciles de bajar, pero al final consigo no descalabrarme ante la mirada de algo de público que se ha acercado hasta aquí. Ya estoy nuevamente al lado de la Basílica de Fourvière, a la que llego tras un tramo bastante mal marcado. No sé si acabo pasando por el sitio correcto, pero está claro donde hay que ir, así que tiro adelante y punto, no sin cierto cabreo.
Vuelvo a cruzar la plaza de la basílica y entro en el Parc des Hauteurs por una pasarela. Aquí llega el ecuador de la carrera (km 18) que paso en 1h22 y pico. Muy satisfecho de cómo va la cosa y hasta visualizando un 2h45 que no esperaba para nada antes de la carrera, aunque queda mucho y me da la impresión de que la segunda parte de la carrera es más dura. El recorrido baja ahora por una pendiente de hierba que es una pista de BTT. Mis zapatillas de asfalto no dan mucha seguridad en este terreno así que bajo soltando piernas y sin forzar el ritmo. Abajo me encuentro otra vez a mis padres, justo en un momento de respiro antes de afrontar otra subida de escaleras tremenda, donde vuelvo a tirar de caminar con las manos en las rodillas. 100 metros delante todavía veo a mis dos predecesores pero al llegar arriba ya han desaparecido así que sigo mi rodaje en solitario. La falta de gente a mi alrededor hace que a ratos tenga que meterme algo de caña mentalmente para recordar que estoy en carrera y no relajar el ritmo. Vienen ahora dos kilómetros bastante favorables, con más bajada que repechos, hasta llegar a unas escaleras que llevan directamente al río. Las bajo de tres en tres concentrado al ritmo de “tres, tres, tres,…” para intentar meter el pie donde toca. Por fin se acaba la tensión, llego a suelo plano junto al río y me dirijo a la izquierda hasta el puente que me ha de dejar en el último tercio de carrera.
No sé en qué posición voy… probablemente sobre el veinte, pero es que no veo a nadie ni delante ni detrás, lo que quita algo de motivación. Después del puente la ruta deja escasos 50 metros de reposo antes de afrontar un nuevo de escaleras, más o menos fáciles de correr pero que acaban en un repecho de tierra donde no hay narices y vuelvo a echar las manos a las rodillas. Un pequeño descansillo a la izquierda me deja en un agradable parque por donde sigo subiendo entre los setos. De repente veo delante de mí a un corredor de naranja (equipo Tecnica) de los que estaba en el cajón de élite en la salida. Cuando te encuentras a alguien de repente es que va crujido… Lo adelanto poco después de salir del parque y su cara pone de manifiesto que el tío del mazo anda cerca. Llego a una bajada hormigonada con muchísima pendiente donde paso el kilómetro 25. Voy bastante bien de cabeza y de piernas, pero me tomo un gel (el segundo) para evitar que me pase como al compañero. Casi sin descanso llega la siguiente subida y veo a unos 80 metros a otro corredor. Trota y camina… mala señal. Hay pendiente, pero sin escaleras si uno va bien estas cuestas las tiene que correr. Efectivamente le alcanzo poco después de llegar a la cima y lo dejo atrás en el tramo llano. En la siguiente bajada me recupera algo pero en vistas de lo que viene ahora me da la impresión de que esta posición la tengo ganada.
Lo que viene ahora es una cuesta de 400 metros al 24 por ciento que quita el hipo. Por suerte he venido un montón de veces a entrenar por aquí y me conozco hasta los adoquines de la acera así que tengo bastante calibrado el ritmillo que puedo coger. Aun así se hace dura y llego arriba (km28) con la respiración bastante alterada. Aquí está el último avituallamiento y pienso un momento si parar o no, pero sé que es pura pereza y aún me queda agua, así que ralentizo el ritmo para beber de la botella pero me fuerzo a seguir adelante. Sigue ahora una bajada curiosa por sendero entre bosque, teniendo en cuenta que estamos en medio de la ciudad. 200 metros llanos de transición y afronto la Montée de l’Église. Como os decía esta última parte es la que me queda más cerca de casa y del trabajo y es mi terreno de entreno. Tengo muy claro que me quedan esta subida y tres más. Ésta es más larga que la anterior pero algo más tendida (sin probablemente bajar del 15%). Vuelvo a estar solo, así que me toca volver a tirar de fuerza mental para no dejarme ir. He pasado ya el kilómetro 30 y al llegar arriba empiezo a notar que las piernas empiezan a estar pesadas. Miro el reloj y veo que el objetivo de 2h45 se va, y más teniendo en cuenta que quedan tres subidas muy duras. Una nueva bajada rompe-rodillas me deja a orillas del otro río, el Ródano (km32).
La vista se abre y veo a unos 200 o 300 metros a dos corredores. Mira por dónde aún vamos a tener aliciente para estos últimos kilómetros. Sigo la acera acuciado por este nuevo olor de presa y 500 metros más allá llego a la antepenúltima subida, la Montée de Lilas. Esta y la siguiente son donde vengo a hacer las series normalmente así que todavía las tengo más caladas. Aun así, por muy caladas que las tenga, después de 33kms de repechos las piernas no están para muchas alegrías. Afortunadamente el primero de mis predecesores está K.O. Es el tipo de blanco que me ha pasado hacia el km12 a buen ritmo, el que no sabía yo si estaba en carrera pero ahora salgo de dudas al verle el dorsal en la pierna. Me deja pasar directamente mientras camino por unas escaleras bastante duras. El último tramo es por asfalto y permite trotar. Noto que me voy acercando también al otro corredor (un tipo de azul que me pasó en la segunda subida), pero en la bajada el tío recupera y se me aleja. Ufff, este no va a vender su piel tan fácilmente…
De camino hacia la penúltima subida me encuentro con una pequeña sorpresa. El recorrido no es como yo pensaba sino que hace un pequeño quiebro a la derecha y añade unos 25 o 30 escalones no previstos. “Mierda… no estoy para estos sustos…”. Empiezo a dudar de si voy a alcanzar al de delante. Llego a la subida y el tío se mantiene a 20 metros. Subo con las manos en las rodillas, mirada al suelo y sin ver más allá del metro que me permite la visera. Tanto es así que estoy a punto de comerme un carrito de bebé que están bajando por la canalera por la que subo (no es la mejor idea que han tenido en su vida…). En lo alto mi predecesor gira la cabeza y me ve sufriendo. Creo que eso le anima porque al llegar yo a la cima el hombre ya está en el fondo de la calle corriendo a buen ritmo. Pasamos el kilómetro 34 y alternamos tramos planos con otros de escaleras. No le recorto, más bien al contrario, pero ahora llegamos a un tramo de escaleras algo más técnico. He recuperado algo de aliento y me dejo caer por las escaleras con zancada amplia. El camino va describiendo eses así que no le veo, pero oigo sus pasos cada vez más cerca. Por fin
desembocamos en una calle que nos deja en el paseo del río y veo que lo vuelvo a tener a 15 o 20 metros. Giramos a la derecha hacia el último repecho, que es nuevo de este año y que yo afortunadamente conozco de un día que vinimos a entrenar por aquí con François. Veo que el chico llega al pie de la subida y hace un gesto de sorpresa. “Vaya, así que no la conoces… Pues me parece que no te va a gustar nada…”
Cuando veo su sorpresa siento que he ganado puntos en esta pelea (sana, eso siempre…). Este

último regalo es una escalera muy empinada de unos 150 metros con escalones estrechos y muy altos. Yo empiezo ya caminando directamente, de dos en dos con las manos en las rodillas. Alcanzo por fin al otro corredor, que se he venido abajo moralmente ante estas escaleras al más puro estilo del Señor de los Anillos. Me saluda con una sonrisa de resignación. Yo no voy muy fino pero intento apretar un poco para consolidar el adelantamiento. Seguimos subiendo como Frodo y Sam camino de Cirith Ungol, afortunadamente sin encontrar a la Araña en la cima… Cruzamos una calle y aún queda otro tramo de escaleras. Aprieto los dientes y me lanzo en el siguiente tramo de llano que pica un poco para abajo. Entro en el último kilómetro. Sé que no queda ninguna dificultad más. Todo es un callejeo en zigzag por el barrio de la Croix Rousse, con algunos tramos de escaleras por los que bajo concentrado y a buen ritmo. Echo miradas de reojo hacia atrás y veo que me distancio de mi perseguidor. Por fin llego al final de la bajada y entro en la plaza Louis Pradel, ya con el Hotel de Ville al fondo. Aumento el ritmo ayudado por el ligero descenso. En medio del sprint oigo a alguien que grita mi nombre y veo a Martin y Valentin, dos compañeros del trabajo, que me animan. Les saludo y creo que consigo dibujar una ligera sonrisa, mientras me giro para ver si mantengo la distancia. Entro al Hotel de Ville (el ayuntamiento, para entendernos…) entre los ánimos de la gente, que a esta hora y en este lugar céntrico sí que da mucho color a la carrera. Cruzo el patio interior con los últimos 8 escalones de subida y salgo por los escalones de la puerta de la Place de Terraux. Unos metros más allá, la ansiada meta!
El tiempo final: 2h48’38’’. Algo peor de lo que veía a mitad de carrera, pero lógico teniendo en cuenta la mayor dureza del final y sobre todo bastante mejor de lo que esperaba antes de la carrera, cuando el objetivo era bajar de tres horas. Junto a mí entra flechado un tío de la carrera de 13kms. Enseguida veo a mis padres que me confirman la posición: 13º!! Muy contento. Uno siempre lo querría hacer mejor, pero la verdad es que creo que he hecho una buena gestión del esfuerzo, he acabado en la mejor posición que he tenido durante la carrera y tengo la sensación de que la gente que ha quedado por delante, en este momento y en esta carrera, sencillamente es mejor que yo. Puntos a mejorar: seguramente el ser capaz de automotivarme más en ese tramo en el que he corrido bastante sólo y poner un punto más de ritmo. No iba especialmente alto de pulsaciones, entre 162 y 168, cuando los entrenos de series (de 4, 6 o 8kms) los hago sobre 170. También es cierto que en carrera las subidas suponen picos de pulsaciones que dejan huella.
Por seguir con el análisis técnico (apartado dedicado a Pere, uno de los más fieles lectores, que siempre lo reclama ;-) ), la carrera la hice con unas zapatillas Saucony (Cortana 3) que compré hace 3 semanas. Son zapatillas de ruta, bastante ligeras y con un drop de 4mm (esto me daba un poco de miedo porque siempre he tenido zapatillas con más talón, pero al final me han ido muy bien). La zona delantera bastante amortiguada, lo que va muy bien en estos descensos por escalones o calles inclinadas. El único material obligatorio era medio litro de agua, punto que yo he cumplido a base de un cinturón (el Salomon con un bidón de forma triangular que se adapta muy bien). Además del agua he llevado tres geles, de los cuales me he tomado dos, uno en el km13 y otro en el km25.
Sobre la gente de delante, la carrera la ganó Sébastien Spehler con un tiempo de 2h25’15’’ (que ya es correr…). Aquí os dejo los resultados:
A nivel de hidratación, la opción más elegida era el cinturón con un bidón, aunque creo que Jonathan Wyatt llevaba una de esas bolsas de hidratación en la mano. Aparte de eso juraría que alguno no llevaba nada de nada… estamos en lo de siempre…
Para acabar, os dejo unas fotillos gentileza de François, el rey del "Imprimir Pantalla"... 
Nada más, os dejo. Después de esta carrera con un buen regusto, toca meterse de lleno en la larga distancia. Si todo va bien en un par de semanas haré un Rogaine de 12horas (aunque solo y por tanto fuera de competición, ya que Jaume no puede correrlo y no he encontrado pareja) y dentro de 4 una de 105 en la zona de la Drôme, a unos 140kms de Lyon. Aquí estaremos para contarlo.

Besos y abrazos

lunes, 31 de marzo de 2014

Le Treg (version française)

Bon, premier de tout, tous les erreurs et coups de pied au dictionnaire de l’honorable langue française sont la faute de Marie et Élodie, qui m’ont encouragé à écrire ce récit en français. Vous êtes bienvenus de leur expédier vos réclamations ;-)
L’histoire de Le Treg commence pour moi un jour de Juillet, après avoir conduit pendant 8 heures
depuis Val d’Isère (où j’avais couru l’Ice Trail Tarentaise) jusqu’à chez moi, à Lleida, dans la Catalogne. Je suis en train de garer la voiture quand j’aperçois un « flyer » sur la siège d’arrière (on appelle siège aux chaises de la voiture ?... peu importe… :-p). « Le Treg, 10-18 Février, Courir là où le temps s’est arrêté »… Je fais pas trop d’attention, ma poche n’est pas dans ses meilleures conditions… Tout de suite une idée prend forme dans ma tête. Il y a quelque temps qu’avec un copain on parle d’organiser une collecte de matériel pour profiter l’infinité de T-shirts, cadeaux de l’infinité de courses qui existent actuellement avec le boom de la course à pied à la Catalogne et qui s’accumulent dans les armoires. Moi-même j’ai plus de cinquante… Pourquoi ne pas organiser un projet de collecte de T-shirts et chaussures, créer une initiative intéressante et essayer de trouver financement dans quelque institution publique ou privée ?
La Diputació de Lleida est… comment on peut dire… une espèce de gouvernement à niveau de province (département on dirait en France). J’ai entendu de projets sportifs qui ont été financés par la Diputació et c’est à eux à qui je me dirige premièrement. La réponse est très positif est c’est comme ça que le Projet Le Treg est né.

La collecte commence dans un magasin de trail de Lleida, Ultra Lleida, où j’ai des bons amis. Après, plus de monde s’ajoute au projet et l’aide et la diffusion sont vraiment impressionnants. D’autres points de collecte à Barcelone, Gironne, Cornellà, Navàs, Esterri d’Aneu (différents endroits de la Catalogne) collaborent aussi au projet jusqu’à réunir une bonne quantité de matériel. Une fois tout compacté et l’espace profité jusqu’à la perfection, on a des bons deux mètres cubiques. Le 27 janvier j’amène tout ce matériel à Marseille et le laisse en stockage, prêt à être transporté au Tchad (finalement, il a été transporté dans l’avion du 24 février est sera distribué au lycée de Faya-Largeau par Pointe Afrique).

Le vessant sportif du projet commence un soir de lundi, un pluvieux soir de lundi, en voyageant en voiture vers Marseille avec Sylvain, un autre concurrent de cette première édition de Le Treg (…mmm, je crois que tous les potentiels lecteurs de cette chronique en version française vous formez part du groupe, du coup probablement il y a pas besoin de présentations ;-) ). On arrive à l’aéroport de Marignane où on se rencontre avec les autres membres de l’expédition. L’avion part à 4h du matin, ce que veut dire qu’on ne va pas dormir trop… pas très bonne façon de se préparer pour la course mais il y pas d’alternative, c’est le seul avion qui vole à l’Ennedi en toute la semaine. Après 5 heures de vol arrivent les typiques formalités, pas trop agiles, avec les officiels de la douane de l’aéroport. Au même temps on commence à s’habituer la météo différente du Tchad. Après quelques semaines sous la couche de nuages lyonnaise, j’avais vraiment envie d’un peu de soleil (mais seulement un peu…).
Une fois que l’estampe (suis pas sur si c’est ça le mot, mais j’ai la flemme, désolé… :-p) est déjà au passeport, on se prépare pour le voyage vers l’endroit de la course. L’équipe au 4x4 est formée par Sylvain, Marco, Magali et moi. 11 heures de voyage dans pas la meilleure des voitures. Mes genoux pliés ne sont pas très contents et j’essaye de trouver quelques centimètres pour atténuer un peu le doleur. Finalement on arrive, au milieu de la nuit, au petit village qui a été construit pour l’occasion. Je partage la tente avec Fréderic et Gérard.
Mercredi est une journée plus calme. Le matin, après un petit footing avec Marco pour bouger un peu les jambes après le voyage dur de hier, je me promène par le campement pour découvrir la tâche fantastique qu’a fait l’organisation pour considérer tous les détails. La reste de la journée on la dédie au control de matériel, à faire un cours accéléré de GPS et à se relâcher tout en pensant en ce que nous va arriver demain. J’ai envie déjà de commencer, pas plus attendre et découvrir toutes ces merveilles qu’on peut deviner depuis ici.
Finalement la nuit arrive. Je dors pas très bien, je me réveille souvent et une fois que j’ai trouvé le sommeil tout suit j’entends des cris dehors. C’est le ministre de tourisme et de l’artisanat (c’était quelque chose comme ça, un nomme longue que j’ai pas retenu…) et diverses celebrities tchadiennes qui sont venues, pour voir si c’est vrai qu’il y a une vingtaine de fous qui sont ici pour courir pendant une journée ou deux sans aucun chameau comme prix. Après un petit déjeuner où j’essaye d’introduire au corps aussi de calories que possible, on assiste impatients aux discours pertinents. Le moment arrive, on va tous vers le départ. Je suis pas nerveux, tout au contraire, content de pouvoir commencer. On se fait des photos et se désire bon courage pour les prochaines heures. C’est 7 heures du matin. Tout est prêt. Le ministre tire. On y va !!

Depart – PC1 :
Je pars avec l’appareil photo à la main, en essayant de faire une vidéo (avec un résultat lamentable…). Encore au premier kilomètre j’entends des cries derrière moi. Quelqu’un a perdu une lampe frontale bleue. C’est probablement la mienne… Mais quand je retourne pour la récupérer je vois que ce n’est pas la mienne. Je regagne positions tout en cherchant le propriétaire de la lampe mais sans succès. Anyway… je vais l’amener au PC1 et là ils verront qu’est-ce qu’il faut faire.
Les premiers kilomètres sont à travers d’une petite forêt aux alentours du campement. Marco est parti très vite et bientôt il est une centaine de mètres devant nous. Je trottine avec Sylvain en commentant ce que nous attend. De peu en peu j’incrémente ma vitesse et je m’approche à Marco. Après trois kilomètres on sort de la forêt et commence une montée rocheuse. Le terrain m’est favorable et j’arrive à la hauteur de Marco et prends la première position tout en arrivant à un petit col. La vue de l’autre côté est incroyable (il va me manquer synonymes de jolie… je vous le dit déjà…). J’arrête quelques moments pour faire une photo et on continue avec Marco en montant à droite. Le terrain est encore rocheux. Il faut faire attention mais c’est solide (ce qui nous va manquer après). On arrive à
un haut plateau qu’on traverse par un petit sentier avec un paysage impressionnant à droite. Je regarde arrière et je note que la distance avec Marco augmente doucement. Ça me fait un peu peur d’aller tout seul avec autant de kilomètres devant moi mais je me sens bien, l’ambiance est magnifique et tout est positif, du coup je décide de suivre à mon rythme. Après une petite descente je trouve un groupe de chamois (ou quelque chose comme ça) qui courent un peu plus rapide que moi. Aussi quelques ânes avec un visage sympa aux quelles je tire une autre photo. Dans cette dynamique agréable j’arrive au Labyrinthe d’Oyo, une curieuse formation rocheuse avant la quelle il y a Jean-Philippe, Magali et un fourni groupe de chauffeurs et d’autres visiteurs locales. Après le labyrinthe m’attend une première montée sableuse et moue que je suis encore en conditions de monter dignement en faisant possibles quelque photos sympas. Je traverse un autre morceau plain où je peux voire Marco un peu plus loin et après une petite descente technique j’arrive au premier point d’eau (km18). Marie me demande comment ça va et combien j’ai bu avec une vois accueillante mais sérieuse et professionnelle ;-). Pour l’instant ça va, et la tête est dans sa place, donc j’ai suivi religieusement (on dit ça en espagnol…) la consigne de 1 litre chaque 10 kilomètres, même si j’avais pas vraiment envie. Je charge mes bouteilles et continue.

En ce point le terrain change un peu, et deviens de plus en plus sableux. Après les premiers kilomètres de seuil plus familier pour moi, j’entre dans un territoire plus inconnu. Je traverse de petites vallées entre falaises rocheuses. De temps en temps quelque petite cabane apparait comme un champignon, mais ses habitants bien sont cachés bien pas trop intéressés, devant ces mecs habillés d’une façon bizarre et un sac avec des bouteilles comme des antennes de radio. Après 3 heures de course, la tête commence à entrer dans la monotonie. Comme d’habitude, quelques chansons viennent à s’installer dans la tête. Les hits de la journée sont Hey Brother (elle a sonné tout la semaine dernière dans la radio, ça pouvait pas être d’autre façon…) et Ça ira (je peux pas imaginer une chanson plus « acrocheable »). Au même temps, je commence à réfléchir sur les questions les plus diverses et surréalistes. En suivant me facette d’ingénieur et chercheur, j’essaye d’étudier quel type d’excrément génère une mélange plus solide avec le sable (et est donc plus approprié pour mettre le pied et bien tractionner…). Finalement ce sont les agneaux qui gagnent. La température n’arrête de monter est environ le kilomètre 30 j’arrive à une dune qui je monte pas avec la même agilité qu’il y a 15 kilomètres, mais je réussis à arriver au PC1 (km36) avec l’air content et positif. Je mange mon premier mini-sandwich de chorizo et on essaye de faire quelques photos artistiques tout en vidant mes chaussures de quelques kilos de sable. Après une dizaine de minutes je pars. C’est le prochain morceau qui, avec la chaleur et la distance parcourue, me fait peur…


PC1 – PC2
Une petite surprise m’attend au départ du point de control. Un mec avec son chameau m’accompagne, j’imagine pour me montrer le parcours. On échange quelques mots (« Ça va ?... Ça va, un peu fatigué, déjà… ») mais l’énergie et le niveau de français ne fais pas possible un débat hiper-intéressant. C’est midi et la chaleur est suffocante. J’arrive à une dune qui j’essaye d’éviter par le côté droite mais le track du GPS monte clairement à gauche. Ooook, on monte alors… Le terrain bien mou fait que j’arrête de courir et je marche pendant la montée. Au sommet je trottine de nouveau mais une autre montée me fait marcher une autre fois. Je note que les forces et la tête sont loin de l’état d’il y a dix kilomètres. Le mec du chameau annonce que sa mission est finie et me
laisse aux mains d’un nouveau guide. Avec lui, un autre problème arrive. Dans une bifurcation de deux vallées le track indique à gauche mais lui il me fait un signe vers la droite. Je lui suive mais j’ai l’impression qu’on va 200 mètres à droite du parcours. Heureusement on le récupère un peu plus loin. La même chose arrive quelques minutes plus tard, et là je décide de suivre le GPS, tout ignorant les indications du « guide », qui finit par me suivre résigné. Un troisième mec avec un troisième chameau prend le relai et encore une fois un désaccord avec le GPS arrive. Je signale dans la direction « correcte » mais il insiste. Inutile d’essayer de lui faire comprendre que même si je viens de l’autre côté du monde je sais où est que je dois aller parce que j’ai le parcours dans la montre. Le mec fait ça avec sa meilleure intention mais il est presque fâché avec mon insistance. J’ai pas des forces pour discuter, je lui suive. Toute cette tension de pas savoir si on est sur la bonne route ou pas a pas aidé à améliorer mon état physique et psychique. S’il en aviez pas assez tout de suite le mec me crie est fait un signe vers l’arrière. « C’est quoi maintenant ? On est allé par tu as dit ! ». Il insiste, se signale la tête et arrière, la tête et arrière… Merde, son chapeau est tombé… Je retourne quelques mètres pour le récupérer, lui donne et je continue avec mon pas triste. J’arrête pas de boire mais ma bouche est toujours sèche est j’ai des crampes par tout. J’attends qu’en quelque moment quelqu’un va arriver par derrière. Mon rythme est de plus en plus lent, toujours en marchant.
Finalement mon compagnon passe le relai et c’est un garçon de 15 ans environ qui vienne à m’accompagner. Bientôt j’ai du mal à suivre ses pas. Ma tête tourne et je marche d’une façon de plus en plus lourde. Mon moral est par terre. Je suis pas encore arrivé au premier tiers de la course et je suis bien fini. Même si je suis encore à la première position je vois pas la façon de finir. Un mélange de sensations m’envahisse. Premièrement honte… j’ai l’impression d’avoir sous-estimé cette course. « 178kms, oui mais ils sont plans… what the f… »… j’imagine les commentaires après un éventuel abandon… « mais tu allais où aussi vite ? Tu savais pas qu’est que c’est une course au désert ? ». Non, c’est évident que je le savais pas. Je pense aussi à tout ce qu’a représenté pour moi le « Proyecto Le Treg », la collecte de matériel, les conférences de diffusion, l’infinité de messages sur Facebook… Je pense aussi au projet « 7 Ultras – 7 Continents » du quel Le Treg représente la première étage. Un abandon au 50ème kilomètre de la première course signifie un fracas total. Les 7’s se apparaissent dans ma tête avec un visage burlesque. Enfin, j’imagine aussi mes parents et tous les amis qui doivent être en train de suivre la course par internet, tous les messages de courage sur Facebook et Whatsapp…
C’est là que j’ai un moment de tête calme et je me dis : « OK, comme ça on va aucune endroit. On va s’oublier de la course et l’objectif est de faire les 8kms qui restent jusqu’au PC2. Là je mange, je dors tu ce qui j’aie besoin et je essaye de retrouver des forces et de la moral pour finir la course, même si c’est en ‘mode trekking’ ». Une vision terrifiante vient à me réveiller de tout cet orage de réflexions. Une montée sableuse et très… mais très, très raide, apparait devant moi. « Merde ! C’est par là ? ». La trace de pieds et le track du GPS ne laissent aucune possibilité de doute. Après quelques pas de montée je m’arrête, les mains aux cuisses, en essayant de retrouver l’haleine. Le garçon me regarde et m’indique un sentier alternatif à droite avec une pente un peu moins forte. Je fais quelques pas plus mais je m’arrête de nouveau. Une nausée arrive, suivie de l’inévitable. Toute la nourriture que j’avais pris d’une façon aussi disciplinée pendant toute la course, sort dans un ordre inversement chronologique. Même quelque choses de hier… (Ici j’aimerais bien mettre une expression espagnole qui dit « Éramos pocos y parió la abuela », qui se traduit par quelque chose comment « On était pas nombreux et la grand-mère a accouché » et qui veut dire que si j’avais pas assez de problèmes, voilà une autre…).
Parfait ! Je suis déshydraté, j’ai de crampes par tout du a la manque de sels, et maintenant j’ai rien dans l’estomac. J’enlève la tête et le garçon me regarde avec une expression sérieuse et préoccupée, tout en disant « non » avec la tête. « Quelle raison tu as !... ». Il doit pas comprendre rien du tout qu’est que je fais là. Il me montre le chemin en marchant à mon côté. Heureusement après qu’on vomisse on a 15-20 minutes de ‘bonus track’ pendant les quelles on se trouve mieux et la moral monte, je sais pas exactement pourquoi. Je décide d’essayer de profiter ce temps avant l’hécatombe postérieure. On finit la montée et on arrive dans un plateau où je récupère la respiration. Je remerciais au garçon (je suis hiper-desolé de pas savoir son prenom…) par son aide et j’essaye d’établir quelque conversation, mais si mon français est pas top, le sien est inexistant. Même de recours presque infaillibles comme « Barça ? » ou « Messi ? » ne donnent aucun résultat. Il reste toujours la mimique, est comme ça il m’indique que « Alogba », que j’imagine que c’est le point de control, c’est au fond et a droit, comme les toilettes… Très bien, il ne reste que descendre et 3 ou 4 kilomètres de plan. Mais la descente est par une dune du sable complètement mou. Lui il descende très bien avec ses chaussures de piscine mais moi quand j’arrive en bas j’ai une tonne de sable dans chaque chaussure. Il faut les enlever, je peux pas aller comme ça. Je cherche une branche pour me tenir pendant que je monte la jambe… Une mega-crampe arrive… Je crois que le mollet va devenir mon cuadriceps, le cuadriceps mon estomac et l’estomac va sortir par la bouche et courir vers un meilleur propriétaire… La douleur me fait tourner la tête et je tombe par terre tout en essayant de contrôler la crampe. De quelque façon que je souviens pas je communique au garçon qu’il faut tirer de la pointe du pied vers moi. Ça va mieux… Finalement c’est lui qui m’enlève les chaussures et les vide du sable et de cram-cram (j’avais pas encore parlé du cram-cram ?... Bien je crois que presque tous ceux qui soyez en train de lire ça en avez eu marre du cram-cram… j’en trouve encore dans mon appartement…). Remettre les chaussures est pas plus simple, mais je peux pas faire grand-chose plus que me laisser faire pendant que le garçon opère avec une attention exceptionnelle. Dernière pas, me mettre debout, aussi impossible sans son aide. Je sais pas comment lui remercier. J’aurais pas réussi… impossible. Vraiment touché par cet épisode je suive ses pas. On trouve un de ses copains et on continue tous les trois. Mon ‘bonus track’ est presque fini et j’ai du mal à suivre leur pas (heureusement que le terrain et plan et assez solide maintenant). Finalement on arrive à 400 mètres du PC2 et là ils se dévient pour aller chez eux (j’imagine…). Je prends la main du garçon et essaye de lui transmettre mon remerciement. Inutile de dire comment de précieuse a été son aide dans ces moments de difficulté.

Déjà tout seul, je monte quelques mètres vers le magnifique arc d’Alogba, au pied du quelle se trouve le désiré PC2. Deux minutes avant je retrouve Laurent, qui me demande comment ça va. « Mal » et toute la réponse que je peux lui donner. Tout le monde qui est là applaudisse mon arrivée, mais je crois que mon visage parle par si seul et bientôt ils perçoivent que la situation est pas ‘super’. J’arrive et je me laisse tomber sur le matelas. Heureusement Isabelle est là, avec toute son expérience de les avoir vues de tous les couleurs (ça c’est direct de l’espagnol aussi, on dit ça en français ?...). J’essaye de lui expliquer tous mes problèmes et lui dit que je vais rester là pas mal de temps pour essayer de récupérer et voir s'il y a quelque futur pour moi dans la course. Elle me donne une pastille pour les crampes et me demande si j’ai de la nourriture lyophilisée. Non, je l’ai jamais utilisée et j’aime pas faire des essayes dans les courses. Par contre je prends un autre petit sandwich de chorizo et je le mange doucement. Il me fait du bien. Elle me dit aussi que je dois me changer de chaussettes. Je lui réponds que je n’en ai pas. Elle se fâche, et elle a raison. Je sais pas pourquoi je les ai pas pris, même si j’aime pas trop changer de chaussettes si tout va bien avec les pieds (et je crois que c’est la seule chose qui va bien). Pendant la conversation les crampes continuent. C’est comme si j’avais le cœur au mollet, qui vibre régulièrement. De temps en temps la crampe arrive et un trou énorme se forme, ce qui représente un joli objectif pour la camera de Philippe. Finalement je finis mon sandwich et je m’allonge sous la couverture. Avec toutes les crampes j’arrive pas à dormir, mais au même temps que la lumière s’éteint et la température diminue, je perçois comme quelque force commence à revenir à mon corps.
... Félicitations! Tu es déjà arrivé à la moitié du texte. C'est moment pour une petite pause-toilette et un gel énergétique... Par contre, si tu es trop fatigué de lire des conneries tu peux laisser le récit pour demain ou l'année prochaine... :-)

PC2 – PC3 :
30 minutes après je me réveille soudainement. Je sens la tête fraiche et plus positif qu’il y a une heure, quand je suis arrivé. Je demande et personne n’est arrivé, fait qui m’encourage encore plus. Je me lève et je remercie tout le monde pour l’aide indispensable que j’ai reçue. Je pars juste au moment auquel Marco arrive. Je traverse l’impressionnante Arche d’Alogba, déjà sombre, et je tourne à gauche en légère montée. Je marche, mais je marche vite et agile. La montée fini et j’entre dans une énorme plaine où le track marque une longue ligne droite. J’éteins la frontale et je marche à la lumière de la lune tout en jouissant de l’ambiance magique que génèrent les petites feux allumés par les habitants locaux. Même si je me trouve mieux, je me propose de pas aller trop vite et essayer de retrouver mes sensations en tenant une marche rapide mais sans courir.
Après le morceau plain il arrive une petite montée où je note avec satisfaction que la récupération suive son cours. La descente postérieure m’amène à une zone de terrain rocheux qui m’oblige à allumer la frontale. Un nouveau visitant arrive : le point de côté (traduction courtoisie de François, j’espère que ce soit ça que je voulais dire…). Le change de montée à descente à altéré ma respiration et ce nouveau problème est arrivé. J’essaye de respirer fond et de presser mon abdomen pour le contrôler mais ça coupe un peu la dynamique positive que j’avais trouvée. Quand même, ça dure pas plus de deux kilomètres et je suive ma marche à travers d’une nuit calme, en laissant une jolie chaine de promontoires rocheux sur ma gauche.
Le terrain depuis le PC2, a été assez plus solide qu’antérieurement, fait qui a aidé à ma récupération, mais 5 kilomètres avant d’arriver au PC3, je retrouve quelques secteurs de sable mou. Un petit contrôle de pas casse la monotonie nocturne. « Como vas ? » C’est mon ami franco-mexicain ( J ) qui était aussi au PC2. « Mejor, mejor » je réponds… « Tio, estabas bien jodido antes… ». Effectivement, j’étais vraiment “jodido” avant…
Heureusement la situation est assez mieux et je suis arrivé déjà à l’équateur de la course. Le parcours tourne légèrement à gauche, passe à côté de l’Arche Lyre (dommage que j’ai mal à le voire pendant la nuit) et se met dans une étroite vallée sableuse. Mon passage gêne le repos d’un troupeau de vaches qui commencent à courir tout remplissant l’ambiance d’une poussière pas très agréable. Finalement le GPS m’annonce l’arrivée au point de control, où je trouve Gérard et Céline (si la mémoire me trompe pas…) bien endormis. Je les réveille et demande un petit thé pour accompagner mon mini-sandwich de saucisson.
Je m’assois tranquillement sur le matelas et on discute un peu de comment s’est passée la course, de l’évolution de mon état physique et psychique… Le son du walkie-talkie vient à casser mon repos : le deuxième coureur est arrivé au control de pas à quatre kilomètres du PC3. C’est Fabrice. Ça veut dire qu’il vient de moins à plus (traduction directe de l’espagnol…). Même si ça va mieux qu’il y a 30 kilomètres pour moi, on ne pourrait pas dire que mon état soit top… Bufff, ça a l’aire qu’il va être difficile de soutenir la première position. Avec un peu de stress je me lève, remercie l’aide de Gérard et Céline et reprends ma route.

PC3 – PC4 :
Le premier morceau après le PC3 est commun à celle par où je suis arrivé. Je marche vite pour essayer de pas trouver Fabrice (je suis sincère ;-) ), ce qui serait un coup morale négatif pour moi et positif pour lui. Nops… j’entends des pas dans la nuit et je vois Fabrice quelques mètres à droite, tout en marchant à très bon rythme avec les bâtons. On se salue brièvement et je me demande si je n’aurais fait mieux aussi d’amener mes bâtons pour ce type de terrain. Bon, maintenant il y a rien à faire… Avec un peu plus de stress je commence à trottiner pour essayer de trouver un rythme plus haut.
Heureusement le nouveau terrain semble être plus solide et ça favorise mon allure. Le GPS marque une longue ligne droite de 6 kilomètres et je me propose de laisser l’esprit en blanc (encore une fois, traduction directe…) et continuer avec mon trot sans regarder la montre. Dans cette température agréable je réussis à faire comme ça, 10 kilomètres sans rien marcher. Satisfait avec ma marche mais avec un nouveau point de fatigue je pacte avec moi-même de faire chaque morceau du GPS, moitié en trottinant, moitié en marchant. Mon esprit chercheur revient et je m’amuse à calculer la vitesse moyenne pendant chaque morceau. Le résultat est d’environ 8 km/h en trottinant et 7km/h en marchant, que je trouve assez satisfaisant. Les dernières 7-8 kilomètres le terrain est un peu plus mou et je décide de continuer en marchant, même si je réussis à soutenir un rythme assez digne. À l’horizon je vois un cylindre rocheux qui a l’aire d’être le PC4. Une légère pente descendante m’aide à incrémenter la vitesse et, satisfait avec mon rythme depuis le PC3 je décide de me donner un petit prix de 20 minutes de sommeil, qui vont probablement m’aider à la fin de la course.
L’arrivée au PC4 est un peu accidentée car je ne vois pas quelques bois jetées par terre et je tombe, sans trop de reflexes pour l’éviter après 123 kilomètres de course. Je suive le protocole de mon mini-sandwich et le verre de thé et je demande aux contrôleurs (désolé, entre la nuit et le temps passé je me rappelle pas de qui y avait là…) de me réveiller dans 20 minutes. Je m’allonge entre d’autres coureurs qui ont abandonné et qui dorment à côté. Le sommeil me fait vraiment du bien.

PC4 – PC5 :
Je me réveille 20 minutes après avec l’esprit plus frais et la bonne nouvelle pour moi que Fabrice n’est pas encore arrivé. Je pars avec les forces renouvelées par ces minutes de repos. C’est dans ce point que je commence à voir vraiment la possibilité de gagner la course si je réussis à soutenir mon rythme. Pendant la première montée j’ai besoin de l’imperméable. C’est 4h30 du mat et il fait assez froid. Ça va pas être pour longtemps car moins d’une heure après, avec les premières lumières de la journée, la température commence à remonter doucement.
Au PC4 j’ai demandé par les caractéristiques du terrain qui reste. La réponse a été plutôt
négative… plus de sable mou. Effectivement, 5 ou 6 kilomètres après je trouve une « jolie » dune que je dois monter et descendre et qui me laisse avec les chaussures pleines de sable. Je m’arrête pour les vider, et je mis mon pied par terre. Très bien, très habile… les chaussettes pleines de cram-cram… J’enlève quelques uns mais je pourrais y rester tout la journée… Je continue, tout essayant de bouger les doigts du pied de telle façon que les épines soient aux côtés.
Le terrain alterne montées et descentes où courir deviens de plus en plus difficile et aussi quelques petites vallées entre belles falaises. Derrière moi le soleil commence à monter et à jeter ses rayons sur moi avec un angle de plus en plus défavorable. L’imperméable est dans mon sac depuis déjà longtemps et la température monte et annonce une nouvelle dure journée. Heureusement, après les deux morceaux antérieurs de 30 kilomètres chaque un, les 18 bornes entre PC4 et PC5 passent plus vite. Trois kilomètres avant du point de control, le GPS invite à aller à gauche, en franche montée vers une énorme dune de sable totalement mou. J’essaye de rester en bas avec l’espoir que derrière le prochain coin de la vallée je puisse retrouver la ligne droite du GPS, mais il y a pas de la chance. Il faut vraiment monter à gauche. C’est vraiment pénible, même si j’essaye de faire des virages pour minimiser la pente. Au sommet je peux voir déjà les banderoles du point de control. Je cours maladroitement en cette direction, en légère descente en flanquement. Avec l’haleine un peu récupéré j’arrive au point de control (km 141), où je trouve Marie et Magali.
Dernière mini-sandwich de chorizo pour moi, un autre verre de thé et (en suivant les recommandations de Marie ;-) ) plus d’eau dans les bouteilles et le « camel », car la chaleur commence à redoubler. « Tu as pas l’aire trop fatigué » dit Marie… bon, en espagnol on dit que la procession va par dedans… C’est vrai que je me sens assez active mentalement, surtout parce que je commence à être inquiet pour la chaleur qui va arriver. Il reste encore 36 kilomètres et je vais pas arriver avant de 13 heures. Le souvenir du calvaire d’hier est bien présent dans ma tête. Je remercie l’aide et les encouragements et je pars pour essayer de minimiser le temps à passer pendant les heures les plus chaudes de la journée.

PC5 – PC6 :
Je pars avec le bon rythme que donnent ces moments de « break » au point de control, mais une mauvaise surprise arrive bientôt. Je charge le « track » du parcours jusqu’au PC6 et il commence avec une « belle » ligne droite de… 8,5kms !! Bufff, ça va être dur… Je monte une première cote et derrière apparait une énorme plaine qu’il faut traverser. Au fond il y a une autre chaine montagneuse où on doit arriver. Je jets un dernier regard arrière et je ne vois pas aucun mouvement au PC5.
Je descends et commence à traverser la plaine en soutenant une lutte psychologique pour pas regarder le GPS pour ne pas voir l’avance des kilomètres au ralenti. D’ailleurs, quelqu’un a tourné une autre fois la montre de sable de mes énergies, qui s’écoulent doucement mais sans arrête sous un soleil et une température qui ne cessent de monter. Le morceau de 8,5 kilomètres m’amène à un autre de cinq, qui a l’aire de finir dans une brèche que je peux voir dans la chaine montagneuse qui est devant moi. J’essaye de marcher (je cours pas depuis le PC5) sur le sable rouge qui semble plus solide que le blanc.
Finalement j’arrive à la fin de la plaine et sous l’ombre des falaises et en sentant la proximité du
point de control je trouve les forces pour trottiner un peu. Une voiture de l’organisation arrive et j’entends les cris d’encouragement. Je salue d’une façon fatigué avec la main mais les forces sont déjà très justes. Un kilomètre avant du point de control je prends mon énième gorgée d’eau et je sens les boules qui montent par le tube. « Merde ! ». L’eau est finie… Heureusement il ne reste que 800 mètres pour le PC mais quand même, bientôt je commence à sentir la bouche totalement sèche. Plus de monde apparait devant moi, visages connues de tous ces jours, qui m’encouragent à arriver au ravitaillement. Finalement je vois l’Arche de l’Éléphant et les banderoles. Jean-Philippe est là et m’indique qu’il faut aller derrière de l’Arche et retourner vers le PC. Bon, ça va pas être question de 100 mètres plus.
Il y a vraiment beaucoup de monde. D’autres coureurs qui ont abandonné par plusieurs motifs, les chauffeurs, accompagnants, habitants locaux… Il ne reste aucun sandwich dans mon sac. Je prends seulement quelques raisins secs que je trouve dans ma poche et un autre verre de thé. Encore une fois je vide mes chaussures de sable et deux garçons viennent et s’offrent à enlever les cram-cram qu’il y a partout. C’est vraiment gentil. Je me sens même un peu trop tenu ;-p. Je demande comment ça va par derrière et Magali me dis que Fabrice et parti une heure plus tard que moi du PC5 mais qu’il courrait. Si il court jusqu’à ici il va récupérer pas mal de temps car mon rythme a pas été fort du tout.
J’attends pas plus. J’ai pas de forces mais un fois qu’on est ici il faut faire ce que soit possible pour tout donner. Je pars entre cris d’encouragement. Marco m’anime à courir un petit peu. On va voir qu’est qu’on peut faire…

PC6 – Arrivée :
Le trot ne dure pas beaucoup. Le parcours suive plusieurs vallées qui tournent à gauche et droite, toujours avec pas mal de sable mou et plantes de cram-cram. Les premières deux ou trois kilomètres passent assez vite mais après je retourne à mon jeu psychologique avec le GPS, essayant de pas regarder la distance qui reste et essayant de marcher aussi vite que possible. Je regarde arrière de temps en temps. Je crains qu’en quelque moment la voiture de l’organisation va arriver et ça voudra dire que Fabrice est arrivé au PC6 et il est proche.
À dix kilomètres de l’arrivée je me trouve devant une dune à la quelle m’amène sans doute le GPS. Le parcours tourne à gauche par un terrain mou qui me remplisse une autre fois les chaussures de sable. De peu en peu une vallée en franche montée apparait de l’autre côté. La trace du GPS conduit vers la part supérieure, où il me semble voir une autre dune de sable mou. Je marche de plus en plus doucement. Ma compétitivité est partie, ou plutôt n’est plus une compétitivité envers les autres mais une compétitivité envers moi, simplement pour essayer de finir. Si Fabrice arrive je vais pas être en conditions d’avoir aucune réponse. Par contre je regarde timidement arrière et je ne vois arriver personne. La montée suive sans finir jamais et je m’approche à la section de sable mou. Les pires prévisions se confirment et le terrain est vraiment instable et il devient de plus en plus raide et en conséquence, mon rythme de plus en plus lent. Je regarde amont avec désespoir. Je commence à douter si je serai vraiment capable d’arriver au sommet. C’est midi et la chaleur et terrible. Mon image doit être comme celle des alpinistes qui arrivent au sommet de l’Everest. Je essaye de décrire quelques virages pour adoucir la pente et finalement, sais pas comment, j’arrive au sommet. De l’autre côté apparaisse une vaste plaine et à l’autre extrême le bois et la montagne du campement.
Avec telle fatigue je sens pas même de la joie. Peut être un peu de soulagement… Je marche vers la descente tout en avançant avec l’aire ivre. Je laisse travailler la force de la gravité pour avancer quelques cinq-cents mètres « gratuits » jusqu’au fond de la vallée et j’arrive finalement à la grande plaine. Je regarde le GPS, qui marque un légère virage a gauche et une dernière ligne droite de 5,5kms jusqu’à l’arrivée. Je vais y arriver…
Je cache le compte à rebours (c’est ça ?) de la distance au GPS et je marche en essayant de penser en d’autres choses. J’imagine que je suis en train de marcher tranquillement au boulot. Je regarde les arbres, compte les pas, observe les montagnes de l’horizon… Rien ne marche trop bien… Bientôt mes sensations retournent au soleil, la chaleur et le doleur de pieds à cause du sable que j’ai dans les chaussures. Après une infinité de temps je regarde la montre et il reste encore quatre kilomètres… Bufff, c’est pas possible ! La falaise qu’indique la position du campement semble être pas loin mais les kilomètres n’avancent pas. Quelques infinités plus tard j’arrive à la forêt et je perds définitivement les références. Au moins ici il y a un peu d’ombre sauf quand il faut traverser les nombreuses rivières de sable mou. Deux kilomètres, plus d’arbres, plus de sable, et personne… 1,5kms…1,4kms…1,3kms…1,2kms… 1,1kms… Finalement le désiré 999 apparait au GPS. Je continue à regarder arrière. Je me sens comme ce cycliste qui après toute l’étape échappés sont chassés au dernière kilomètre par le peloton. Mais personne n’arrive et la distance à l’arrivée, même si doucement, ne cesse de descendre. 800, 700, 600, 500 mètres… mais je vois pas l’arrivée !! La montre marque 400mètres, et il semble que la forêt finisse devant moi. Entre les dernières arbres je vois les désirées banderoles de l’arrivée…Bufff, je pensais que ce moment n’arriverait jamais !
Je me dirige vers là à travers de la plaine sableuse que je connais bien. Je tourne 360 degrés, je regarde les montagnes, les falaises, les formes invraisemblables… et finalement les visages de tout le monde qui attend à l’arrivée. Je commence à apprécier les sourires, à entendre les cris. Je prends mon appareil photo et filme une petite vidéo avec mes dernières sensations, un mélange de joie, soulagement et satisfaction pour l’objectif accompli. Le super-sympa Alexis, de l’office de tourisme, s’approche, prends ma main et la lève en signal de victoire. On entre tous les deux entre les applaudissements de tout le monde, qui encadrent ces moments de climax joyeux qui nous rappellent pourquoi on se met dans ces aventures.
Une fois j’ai assimilé que j’ai pas plus de pas à faire, pas plus de sable à enlever de mes chaussures, pas plus de rayons du soleil à supporter sur ma tête, je me trouve dans un ambiance, bizarre pour moi, avec plusieurs caméras, microphones et appareils-photos. Je ne me rappelle pas des questions. Seulement de que avec un français encore moins fluide que d’habitude j’essaye de raconter comment a été la course pour moi. Le soleil, la chaleur, les crampes, la crise avant le PC2, l’aide du garçon tchadien et d’Isabelle… Avec l’haleine un peu plus récupéré et un peu moins d’honte je continue par remercier l’organisation, remercier mon partenaire, le Departement de Lleida, mes amis, mes parents et tout le monde qui doit avoir suivi la course par Internet. Je parle, je parle et je parle… finalement je lui ai trouvé le gout au truc mais avec la vitesse de mon discours ça prend pas mal de temps et du coup je décide d’arrêter pour pas endormir le public. Des moments vraiment très sympas.
L’heure suivante je suis encore sur un nuage, discutant avec tout le monde, remerciant les félicitations et en attendant l’arrivée de Fabrice qui, même si il a aussi trouvé la course dure, apparait avec l’aire assez plus énergique que moi. Just après, la fatigue accumulée tombe sur moi, je m’allonge sur un matelas et après trois seconds j’entre dans un sommeil profond. Après le diner il y a Rudolf qui arrive, et pendant la nuit, entre une fatigue qui me laisse pas trop bien dormir, j’entends les applaudissements qui annoncent l’arrivée de Jean-Noël, Christian et Élodie. Pendant le petit déjeuner c’est Didier, Frédéric et Luc qui vont arriver, tous avec l’aire fatigué mais heureuses de cet expérience.
Les deux jours après la course on profite pour découvrir quelques merveilles de la région. Des très intéressantes peintures rupestres pour un amateur mais passionné de la préhistoire comme moi, surtout s’il y a quelqu’un comme Koki qui te les explique. Une promenade samedi après-midi entre des formes rocheuses invraisemblables et restes de la guerre des années 80. Et une jolie excursion dimanche matin dans un endroit aussi magique comme la Güelta d’Archei qui justifie vraiment la phrase de « courir où le temps s’est arrêté ». L’après-midi il y a la cérémonie de prix, très émouvante. Le trophée et une réplique de l’Arche Lyre (que selon la balance de l’aéroport pesait 12 kilos…) que j’ai mal à enlever sur ma tête sans qu’elle tombe. Après la cérémonie la musique commence et avec les jambes un peu moins fatiguées j’essaye d’apprendre les pas de dance pour pouvoir y participer. Des moments et sensations très touchantes que je ne vais pas plus décrire ici pour ne pas prolonger éternellement ce récit.  


L’ultra en voiture de lundi se passe assez bien, au debout en discutant avec Sylvain sur de marques d’atletisme pour voir qui est le plus malade, jusqu’on décide d’arrêter pour solidarité avec Frédéric et Yann, nos compagnons de voyage. On récupère la discussion le soir, cette fois avec Marie, qui partage notre maladie, pour commenter le nouveau record du monde de Lavillenie. Une conversation intéressante, comme celle de mardi matin avec Henri, où je découvre un incroyable bagage de voyages et expériences par tous les coins du monde, juste avant de prendre l’avion pour retourner à Marseille.

…Onze pages de Word… c’est pas mal, eh ? Ma profe de français serait contente, au moins de la quantité, sais pas si de la qualité…
Ne vous inquiétez pas, j’arrête ! Seulement ce dernier paragraphe pour remercier une autre fois tout le travail, l’assistance et les moyens mis en place par l’organisation de la course pour que cette première édition ait été, à mon avis, un grand succès. Ce n’était pas un travail facile à faire, dans un endroit avec les difficultés logistiques et d’accès propres de l’Ennedi. J’espère que le bon retour des présents dans cette première édition fera que la course devient de plus en plus grande pour les années suivantes. Ces remerciements et félicitations sont aussi extensibles à toute l’équipe médicale, à Pointe Afrique et à tous les habitants de l’Ennedi qui ont aidé au bon développement de la course. Finalement, merci à tout le reste de coureurs et a tout le groupe en général, pour avoir créé cette atmosphère très accueillante.

Bonne chance et courage à tous et toutes avec vos objectives et rêves. Le premier pas est de les avoir. Parce que comme Kilian dit : « si nous ne rêvons pas, nous sommes morts »